vendredi 2 décembre 2016

Relever le niveau scolaire commence par la maternelle, non ?

(c) Nan Heurley
Alors j'ai commencé à publier sur diverses plateformes rédactionnelles, j'ai plein de projets dans les tiroirs, j'ai le feu. Oui mais pour le moment rien ne tombe dans mes poches pour alimenter cet embrasement, pour le moment c'est pour la gloire.
A ce petit jeu, je vais finir par griller tous les pops corn, et le dernier pop ce sera pour le final du spectacle pyrotechnique, un gros flop peut-être même... En attendant la dernière saucisse sur le grille, j'ai encore donc quelques cartouches et l'envie d'en découdre.
Voilà j'ai pondu un truc qui ressemble à une immense interrogation sur le bien-être scolaire de nos rejetons chéris.
Je vais commencer par une lettre d'amour à l'attention des enseignants et ATSEM :
"Amis professeurs ne lisez pas cet article comme une critique à l'égard de votre métier... au contraire, ce métier est passionnant et si nous sommes amis, c'est qu'en plus je sais que vous vous battez pour offrir le meilleur à nos enfants.
Vous utilisez pour beaucoup d'entre vous des outils dits "alternatifs", vous cherchez, vous êtes curieux, vous essayez d'appliquer en classe certaine méthodes. J'en suis convaincue et je le vois, dans la classe de mon fils, pour commencer, dans celles des autres, ensuite, pour avoir beaucoup discuté avec d'autres parents. C'est sûrement un métier ingrat car il vous manque des moyens, peut-être même pour certains une latitude, et je crois que c'est là problème. Certes, il y a le programme... et puis il y a nous les parents. Des électrons libres difficiles à canaliser, et certainement casse-pieds !
Nous, avec nos désirs de voir nos enfants heureux d'aller à l'école. C'est ici que je m'étonne : pourquoi ne voit-on pas plus d'enfants joyeux d'aller à l'école, par envie, non pour la cour de récré et leurs copains - ça c'est ce qui permet de les motiver - mais pour la classe elle-même ?
(Aïïïe, j'attends les coups de bâtons...mais pas trop fort hein, je ne me pose que des questions)"
Le reste se passe donc par ici :
Du potentiel gâché en maternelle ?

samedi 19 novembre 2016

Un jour, le grand jour, je me lance !

Il y a quelques jours j'ai tenté un truc : publier sur Amazon un E-book ! Je ne suis pas partie de rien, je me suis servie d'un de mes blogs qui ressemble à un journal intime. Bref une sorte de joyeux foutoir où je m'y étale, m'y vautre avec délectation, voire un peu de surprise mêlée tant j'avais oublié certains billets. Je ne sais pas si cela vous intéressera mais je prends ceci comme un exercice qui me permet de me dérouiller les doigts en attendant quelques projets en tiroirs, 100% fictionnels cette fois. Voici le lien :

Journal cyclothymique d'une ado attardée

A la bourre !

Alors, qu'est-je fait depuis la rentrée de septembre ?... oui nous sommes en novembre. Il y a autant de failles temporelles que de micro-climats, c'est-à-dire qu'il y en a autant que de marseillais pécheurs de poissons gros comme ça. Je dirais même plus, il y a plusieurs failles temporelles au sein de ma propre maison. Salle de bain, salon, chambre. Non, il n'y en a pas dans la cuisine. Peu.

Bon dans l'ordre j'ai réalisé une résolution de rentrée : faire un truc pénible par jour.
Ni plus, ni moins.
Je ne compte pas bien sûr le boulot, qui est forcément source d'enrichissement sur tous les plans, ni l'entretien de l'enfant, c'est-à-dire sa sustentation, voire son lavage, ses soins et amour prodigués.
Comme je n'emploie pas "sustentation" tous les jours - et l'on devrait - j'ai vérifié et je me suis souvenue que la sustentation en dehors du fait de nourrir un estomac, est l'effet d'une force qui "maintient un corps à faible distance au-dessus d'une surface et sans contact avec elle".
Et me voilà donc toute guillerette, le 29 août remplissant ma corvée du jour, à savoir le nettoyage du frigo, à l'idée que mon fils en pleine lévitation magnétique le long d'un rail filant à 603 km/h pourrait faire l'aller-retour en Ardèche en deux heures.

Ce fut donc UNE résolution de rentrée. Pas deux. La faille temporelle a emporté la deuxième.

Ensuite il y a eu la rentrée de junior. Cela a été assez marrant. Sa première rentrée donc accompagnée de la
question existentielle du jour : comment allais-je pouvoir assortir Théodore à mes chaussures, pour la rentrée le premier septembre ?
Au matin du premier jour j'avouais avoir prouvé que j'aimais les défis. (En même temps, j'ai la chance d'avoir un fils qui va avec tout).




Le 2 Septembre, ce fut donc le deuxième jour d'école... Et là : ça s'est corsé.
La maitresse n'a jamais vu ça. Hurlement en si mineur pour un chœur de 19 agneaux sur 25. Dont le mien, faisant partie des hautes-contre. Certains ouvraient la porte pour s'échapper. J'en ai récupéré un dans le couloir. D'autres parents tentaient le placage. La cuvée 2013 est sauvage.
Du coup on se demande un peu se que font les 6 autres... Soit ils sont sourds, soit ils sont aphones ou apathiques, soit ce sont les loups !
Je rigole, je rigole, n'empêche qu'en passant devant les fenêtres de sa classe 5 minutes après, le niveau sonore n'avait pas vraiment baissé. Je ris moyennement en fait.
 Je pense qu'on pourrait proposé aux enseignants de distribuer du xanax à 10 h.
Autant les parents qui pleuraient c'était la veille, autant là on avait plutôt affaire à des parents rugbymen tachant de marquer l'essai avec l'enfant-ballon derrière la barre de seuil de la salle de classe, puis essayant de refermer la porte avant qu'ils ne tentent de s'y faufiler.

Il a bien fallu un mois avant que junior arrête de dire que la maîtresse était trop méchante et méritait la prison.
Depuis il s'est fait une bande de copains policiers ou pompiers volontaires qui arrosent dans la cour de récré les méchants monstres avec des pommes de pin. Enfin je comprends pas tout, mais ça a l'air rigolo.


Il y a eu plus tard quelques rhumes, des ballades chez les grands-parents, une visite au zoo ("le même qui passe à la télé regarde maman")... De là à dire que nous vivons dans un zoo, il n'y a qu'un pas. J'ai même pas mal bossé, fait quelques articles.

Et puis un truc est arrivé en novembre. Voilà on y est encore...


mardi 14 juin 2016

Souvenir d'une visite : la Cohue, Musée des Beaux Arts de Vannes.

Va falloir que je retourne à Vannes. Parce que j’ai complètement foiré le cliché d’un diptyque de Geneviève Asse. Peut-être impossible à photographier.

C’est un musée étonnant que celui de la « Cohue » dont la partie la plus ancienne date du 13ème siècle. Un rez-de-chaussée roman (le passage entre la place Saint-Pierre et la rue des Halles accueille une expo de photos contemporaines très bien foutue), plein de salles, pleins de recoins, des niches, des gravures plus loin et de vieilles presses boursouflées de boulons, dentelées d’écrous, aux rouleaux qui sentiraient presque encore l’encre.

Puis la star nous accueille, Delacroix et sa crucifixion, panneaux alentours pour signaler un scandale académique. Objet du scandale : la Marie Madeleine, les seins prêts à dégoupiller de sa robe rouge ! Voilà, une autre époque. Me suis cognée ensuite sur toute une série de marines. J’aime pas les marines, cependant j’ai découvert Geneviève Asse. Que je ne classerais pas en fait parmi les peintres de marines. Elle peint des horizons, son bleu délimite un espace, celui du ciel, celui de la mer. Pour moi c'est net. Il n’y a rien de moins ambigu que la mer ou que le ciel, le liquide ou le gaz, il n’y a que notre regard qui vacille, la vue que l’on perd, les sens qui s’échappent, mais ni le sol ni même l’eau aussi fluide et vaporeux soient-ils, ne se posent en terme d’éléments ambigus. Oui nos sens sont fragiles, en équilibres, dupés par nos émotions, oui la signification s’égare, se modifie, sans cesse, mais ce qui n'a pas de conscience n’est pas fragile, il s’érode, on le saccage, il se transforme. Nous y transposons notre peur de la disparition de la lumière, ou l'émerveillement des apparitions lunaires. Les humains, les artistes ajoutent la magie et le trouble à la nature aussi bouillonnante qu'elle puisse paraître reste nette, précise dans son dessein : suivre les lois physiques.

Ce ne sont pas ses peintures de bleus et d’horizons que j’ai le plus aimés, c’est le monumental diptyque blanc (pas 1 gramme de bleu dans cette œuvre) du fond, du bout, qui m’a scotchée. Celui qui a achevé ma visite un peu trop rapide. Achevée, cueillie, arrachée. J’avais sans doute besoin de me poser un peu après tous ces étalages de marées hautes et basses attachés à rendre plus vrai. Ma pause kit et Kat, plantée devant une toile qui recouvre le temps et ses traces comme autant de vieilles affiches superposées puis retirées ou des fantômes de tableaux avec leurs marques jaunies ou grisées laissées sur le papier peint. Deux toiles collées bord à bord, une simple étendue sans limite simulée huilée de blanc. Et puis sur la partie gauche des souvenirs subtils, des lézards de temps qui zèbrent l’écran. Les Langoliers de Stephen King qui grignotent. Voici une toile souvenir d’aucune plage, une carte postale vierge. Débarrassée de tout kitsch. Silencieuse sur plus de quatre mètres, et humble. Je n’y ai pas lu de questions, pas de naturalisme déloyal, une conséquence logique de cette exposition permanente, une boucle bouclée. Il n’y a pas de mer ici. Pas même un ciel. Juste du temps érodé et l’empreinte humaine.
Actualités du Musée

Photographies provenant du site des amis du musée de Vannes.

dimanche 22 mai 2016

Le premier marché des Jeunes Créateurs du Mans

Layonne Don-G (Photos Nan Heurley)
... sur la place de la Rép a attiré du monde hier malgré les (grosses) gouttes. Et si Junior faisait la tête un peu plus loin, en compagnie de son père car il n'avait pas gagné de pâte à prouts à la pêche aux canards, moi je glanais des photos, ici et là, très satisfaite de ma chasse. C'était vraiment sympa.
J'ai pu notamment apprécier le travail photographique de Greg "Layonne Don-G" Lamori-Cochi que je ne connaissais pas encore. Le jeune homme a bénéficié l'année dernière du coup de pouce du Service Jeunesse pour son projet "Contrastes".
« J'aborde différentes formes de discriminations à travers ces clichés. Je souhaitais confronter les idées reçues par rapport à l'éducation ou le groupe d'appartenance. Cette exposition, c'est ma façon de fermer les yeux sur les différences », se confiait-il à Ouest France en septembre 2015.
Les cadres entre les mains des photographiés induisent et inspirent le respect, la tolérance. Littéralement je te présente, tu me présentes, nous posons ensemble donc nous co-existons l'un à l'autre. Je-tu-nous. Page Facebook.
Willy Bihoreau à gauche  -  Ecole et atelier Schlum (Photos Nan Heurley)

Des artistes en herbe exposaient pour la première fois peintures, sculptures... D'autres plus confirmés regroupés au sein d'ateliers, comme l'atelier Schlum présentaient leur travail en live. "Schlum" comme
Schlumberger, Gustave, le directeur de l'école, artiste notoire du Mans qui a ouvert une autre école à Paimpol. Page Facebook
L'occasion également de re-voir le travail hybride de Willy Bihoreau qui propose différentes techniques (peintures, photo, retouches et montages Photoshop) pour exposer sa vision post apocalyptique du monde. Grise, voire morbide, en tous les cas une prise de conscience de ce que nous pourrions être ou nous sommes déjà. Page Facebook.
Bref, un bon moment que l'on peut découvrir aussi sur la page de Vitav, le webzine des jeunes Manceaux

samedi 14 mai 2016

Mon ouragan, mon cataclysme, ma tempête

J'étais dubitative au début. Question rentabilité c'était pas ça. Et même pire, car le retour sur investissement n'avait pas l'air d'être dans l'air du temps du tout du tout. Bon c'est vrai on a quelques je t'aime et câlins. En fait quand un enfant veut apprendre, il casse. Alors on rachète. Il questionne, alors on répond. Un investissement en temps colossal.

Et faut pas compter les réveils nocturnes où tout le monde se réveille, puis où tout le monde se rendort, sauf toi, la mère. Ah et pis les matins, là faut trouver des astuces pour combler les 3 longues heures (et demi, voire) qui nous séparent des 9 h, l'heure de la crèche. Donc on lance des muffins ultra matinaux, il patouille, il nomme les choses, re-demande les noms des choses, re-re-re demande, il renverse, il répare un peu, je répare beaucoup, il s'énerve parce qu'il veut faire tout seul. Je m'énerve parce qu'il veut faire tout seul en renversant autant qu'il peut.
Et un jour on perçoit l'utilité, la globalité qui efface les colères contenues et les temps d'impatiences bouillonnantes. Bref, le dessein final. Aujourd'hui je peux lui demander de ranger le papier toilette dans la salle de bain quand on rentre des courses ou je lui demande de trouver mon volumateur express noir quand je me mascaraboute top chrono et il nettoie la table basse après l'avoir débarrassée et avant de mettre pause sur la télécommande afin de nous attendre pour le plateau télé.
Aujourd'hui j'envisage de lui apprendre la maitrise des plaques de cuissons, l'épluchage et le tranchage des légumes. On verra pour l'ouverture des boîtes de pâtées du chat, il pourrait se faire embobiner par le trop vorace félin. On aurait un jardin, je lui aurais enseigné l'art de la tondeuse à gazon.

Je t'aime mon fils caca boudin prout (tu vois t'es pas le seul à dire des gros mots) qui grandit.

mercredi 11 mai 2016

Pierre Soulages et moi

Pierre Soulages est le peintre du noir - oui bien sûr tout le monde le sait - et de la lumière aussi. 

D’accord, très bien, mais il est bien plus que peintre, il est une sorte de maçon, un super-maçon. Il est de ceux qui savent révéler et faire parler la matière.
Il serait ce genre de maçon qui non seulement manie la truelle, mais qui fabrique le mortier, la brique et ses outils. Cet artiste fabrique plutôt qu’il ne crée.
Il va assembler la brique, il va la lier aux autres, il va monter un mur et semer des accidents. Disons plutôt une paroi, ça donne plus de souffle aux idées, « la paroi ». Le mur étrique et enferme. Avec ma paroi bosselée je grimpe, je pense à une échappée verticale, le corps vissé au granit, et puis aussi il y a Lascaux, Altamira, Ayers Rock. Pierre Soulages est maître du temps, de l’espace et de l’histoire humaine. Je pense également à une paroi abdominale, stomacale. Super Soulages maintient droit, plante, sépare le dedans du dehors. Il construit ce qui existe déjà, de l’organique, du minéral, des grottes à mammouths, des grottes platoniciennes, des voyages sous la terre. Il retrouve.

Le super-maçon de l’univers joue de la truelle atomique, fouillant dans le quark, cimentant les noyaux.
Il ne tente pas de capturer la nature, il parle de la nature sans donner à la voir autrement, sans sensiblerie colorée, sans artifice symboliste, il libère la touche de la couleur, du trait, de l’idée même du contour, de l’enveloppe, et nous obliger à lire la nuance ailleurs que dans des formes picturales ou dans la palette chromatique.

Il travaille sur l’infiniment petit (le pigment) pour le relier à l’infiniment grand (la peinture). C’est au cœur de la matière qu’il plonge son cerveau, il va donc chercher sur sa toile à rendre des zones interactives. Il va jouer avec la propriété des pigments de peinture, en créant des ruptures, des stries, qui donneront des bandes de noirs mats ou brillants.
Il maçonne un Photonland, un parc de loisir pour photons en goguette. Ici des tunnels fantômes pour capturer la lumière, là un toboggan sur des bosses de chameaux qui brille comme un lac des signes.
Et ce sont nos reflets qu’on décrypte, notre veste rouge ou bien le soleil de midi.

Cette réflexion sur le grain il ne l’a pas menée uniquement sur le pigment de peinture mais aussi sur le verre. Il faut voir ses vitraux gris plus ou moins opaques réalisés pour l’abbaye de Conques. Même regard sur le rendu atmosphérique, sur la volonté de jouer avec les heures, différentes techniques cependant dans l’application, avec tout ce que cela sous-entend de mises au point, de doigts dans la pâte, de sueur sous les yeux, les idées à manches retroussées immergées dans le minuscule. Soulages explique à propos des vitraux de l'Abbaye : " Il me fallait donc trouver un verre qui ne soit pas transparent, laissant passer la lumière mais pas le regard […] C’est ce qui m’a conduit à fabriquer un verre particulier, un verre à transmission à la fois diffuse et modelée de la lumière."
Soulages est un artisan-physicien-opticien qui travaille, qui cherche et appréhende la matière comme aux premiers jours de l’humanité.

Évidemment regarder une reproduction de ses peintures ou ses vitraux entraîne une certaine frustration. Rien ne se dit sur les passages du mat au brillant, rien n’est évoqué au sujet des reflets du dehors subtilement noyés au noir, rien ne se joue à 7 heures du mat’ ou à minuit. Et pourtant !
Monet avait besoin de dix toiles pour évoquer la cathédrale de Rouen au différentes heures du jour, Soulages n’en a besoin que d’une et d’un peu de temps qui passe.
Des mammouths sur la paroi on retrouve les mouvements des ombres qui dansent au dessus des torches préhistoriques. Déjà l’interaction, le ciné des cavernes nous apprend que nous avons toujours besoin du noir pour plonger dans le spectacle et de lumière pour éclairer la scène. Nos lumières d’aujourd’hui sont les néons, les spots des musées, les baies vitrées de Beaubourg.